Association pour la promotion de la culture tachawit et la sauvegarde du patrimoine auressien, solidarité avec le peuple
"L'islam et l'Afrique du nord sont si intimement superposés qu'on oublie facilement au prix de quelle luttes l'Orient musulman parvint a recouvrir l'occident berbère"
C'est ainsi que Charles-André Julien commença le second volume de son ouvrage inéluctable; Histoire de l'Afrique du nord.
L'islamisation totale de l'Afrique du Nord fait souvent oublier les luttes qui ont été menées avant que les Berbères n'acceptent la nouvelle religion monothéiste. C'est le calife Othman qui ouvre la période de conquête en direction de cette région en 644, et jusqu'aujourd'hui l'hitoire de la conquête de la berbérie par les armées arabes dans le septième siècle; est teinté du sacré au point ou il devient difficile d'aborder cette période sans frôler notre histoire avec objectivité sans frôler l'anathème. En effet, les conquérants arabes sont présentés comme des personnages saints ayant une misssion divine à accomplir dans cette région de l'Afrique.
Contrairement a l'empire perse qui a coulé comme un château de carte après la bataille de Al-Qadissya(637), la débâcle de Patrice Grégoire le gouverneur bysantin, face à l'armée arabe a permis aux amazighs de revenir sur la scène de leur pays; en organisant la défense de leur patrie. Une résistance dans laquelle les rapports de force ont été renversés et pour la première fois dans l'histoire de tamazgha(la berbèrie) depuis l'occupation romaine, les dominateurs, c'est-à-dire les byzantins vont occuper le rôle de l'auxiliaire des dominés (amazighs).
Dans cette communication je parlerais de la Kahina, le plus célèbre personnage qui représente le conflit entre les amazighs et les envahisseurs arabes dans le septième siècle. Un personnage surement connu, mais aussi un personnage très contreversé. Un personnage historique qui a fait plus qu'un autre objet d'interprétration paradoxales. Je dis bien paradoxales puisque elle est des fois idéalisée et d'autres fois diabolisée (la Kahina la déesse ou l'ogresse).
Je n'ai pas précisé comme but à cette conférence d'étudier sa statégie de guerre ou de ramener des informations que vous ignorez, mais je veux juste mettre quelques points d'interrogations sur ce que nous avons entre la main de documents ou sur ce qui est sculté dans notre imagination collective sur cette reine qui fut la dernière reine amazighe.
Dans le roman de Giséle Halimi intitulé la Kahina, qui relève de la fiction plus que de la réalité nous lisons dans son introduction : "Mon grand-père paternel me racontait souvent par bribes, l'épopée de la Kahina. Cette femme qui chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu'aux reins, vêtue d'une tenue rouge."C'est par ces paroles que Gisèle Halimi avoue d'emblée à son lecteur toute sa fascination pour le personnage mythique de la Kahina.
Cette image de la Kahina belle, courageuse, patriote manquait l'historienne tunisienne Bhouri Rafika qui dit a son tour : "moi dont le grand père est allé puisé dans l'histoire de la France, et pour alimenter mon imagination de petite fille vivant avec des femmes recluses aux foyers aux quelle je ne pouvais pas m'identifier, il me parlait souvent de Jeanne d'Arc une patriote accusée d'être une sorcière et brulée vive, mais réhabilitée après sa mort, mais de la Kahina il m'en a jamais parlé, c'est l'un de mes instituteur qui s'en est chargé, il me parlait d'une façon suréminente que je trouve jusqu'à maintenant des difficultés à gommer l'image qui s'est sculptée dans mon imagination d'une tête (peut-être puisque elle était décapitée) des cheveux ébourriffée, des yeux étincelants de méchanceté, et une bouche à vomir des vipères, cette femme sans raison a tué les meilleurs combattants envoyés par Dieu pour me sauver, elle a brulé nos chers oliviers, et empoisonné les eaux douce de nos puits";
Pourquoi ces deux représentatios si différentes venant sde deux filles du même pays ? Et pourquoi cette image de la Kahina malgré quelle ni un personnage de fiction et de contes ni un personnage mythologique c'est bel et bien un personnage historique?
Et alors, comment se sont répondu ses représentations si différentes qui ont déformés la réalité historique? Et comment l'imagination collective a pu lui dresser des représentations contradictoires?
L'image de la Kahina est associée a la destruction, mais en consultant les chroniques arabes, la Kahina n'est aucunement diabolisée au contraire, elle est dépeinte comme une personne magnanime et tolérante. L'épisode le plus connu de cette tolérance amazighe est celui qui concerne l'adoption de cette reine d'un prisonnier arabe khaled ben Yazid Al-Qayssi. Mais la Kahina ne c'est pas limité uniquement a cela. Sa tolérance a touché tous les prisonnier arabes qui sont tombés entre les mains de son armée. Contrairement a la pratique connue a l'époque, c'est-à-dire que tout les prisonniers sont irrémédialement voué soit a la servitude ou a la mort, la Kahina a agit autrement, ce que les chroniques arabe ne tentent même pas à dissimuler.
Le plus ancien texte sur la Kahina dont nous disposons remonte à Wâqidî (m 822), ce texte est rapporté par un historien du 12e siècle, Ibn al-Athîr (m 1233) mais à l'origine c'est Ibn Khanldoune qui lui a adressé un portrait généalogique, politique et militaire mais Ibn Khaldoun qui a vécu entre 1332 et 1406 rapportait ce que lui avait procuré ses sources Sept siècles après la disparition de la Kahina, donc la réalité a pu être déformée ou même oubliée, et c'est le temps de revoir ce que cet historien érudit a écrit a propos de cette reine, qui peut être il ne s'est pas empêché d'adhérer a une image mythique et peut être a-t-il aidé a créer cette image?
Première ambigùité :
Al Kahina qui veut dire "prêtresse, devineresse, ou même sorcière" est le surnom par lequel Ibn Khaldoun et les historiens arabes désignent cette reine berbère du 7-8 ème siècles de l'ére chrétienne. Selon les mêmes historiens, son véritable nom serait Dayhia fille de Matiya ben Tifan ou encore Damiya fille de Yunafiq. On trouve encore Dihiya et Dîyya. Pourtant ce nom donné a une femme qui a reiniée en vrais souveraine, à une guerrière qui a combattue d'une façon exemplaire rien objectivement ne l'a prédispose à porter ce nom ne se reste alors que dire que les envahisseurs arabes venant d'un désert où la femme n'est qu'une marchandise n'arrivaient pas à accepter qu'une femme peut avoir tout ce pouvoir et ils l'ont surnommés la Kahina pour minimiser son rôle héroïque et surtout sa grande intelligence, ses qualités de commandement et son pouvoir en femme en chef.
Deuxième ambigûité :
Ibn Khaldoun donne l'âge de 127 ans à la Kahina il dit qu'elle a gouvernée pendant 35 ans, et elle a vécu 127 ans. Cette longévité est peut-être exagérée et elle est vraisemblable, et je crois que c'est une information qui s'incère dans la légende plus que dans la réalité historique.
Troisième ambigûité :
Un autre élément qui nous pousse à penser à ce qu'il a écrit Ibn Khaldoun c'est la religion et surtout qu'on a beaucoup polimiqué sur cette question. Ibn Khaldoun pense qu'elle est juive, à cause de sa tribu, les Djerawa, qui, selon lui, était largement judaïsée au 7ème siècle. D'autres pensent qu'elle était chrétienne tirant en cela argument de sa filiation (Matiy et Tifan sont les déformations de Mathieu et Théophane) mais aussi du nom de Damiya qui était sans doute un diminutif du nom latin Damiana. En fait, en l'absence d'informations précises, on ne peut trancher ni pour l'une ni pour l'autre de ces hypothèses et Dihiya était accompagnée d'une grande idole en bois, transportée sur un chameau. Il pourrait s'agir du dieu amazigh Gürsel représenté par un taureau.
En effet la religion de la Kahina a fait coulé beaucoup d'encre et alimentée beaucoup l'imagination et a été eploitée par les fictions; par exemple Gisèle Halimi la Kahina pour elle elle est juive et elle est inspiré par Yahvé et Halimi va jusqu'au faire un parallèle entre la reine amazighe et l'héroïne juive Judith qui a séduit puis tué le général Holopherne. Qui menacé son peuple. Par contre nous trouvons d'autres historiens et d'autre écrivain comme l'écrivain tunisien Abdelmajid Alaoui écrivain tunisien et musulman et qui a écrit une pièce de théâtre intitulé : "La Kahina ou la conquête de l'ifrikia" exploite son animisme.
Quatrième ambigüité :
La Kahina fut accusée par les auteurs arabes d'avoir pratiqué la politique de la terre brûlée : sur le point d'être vaincue, elle aurait préféré brûler les villes, les villages et les récoltes plutôt que les abandonner à l'ennemi. En fait la Byzacène, théâtre des combats de la Kahina est des Arabes, était depuis longtemps livrée au pillage aux incursions des Arabes. En accusant l'héroïne berbère de ce forfait les historiens arabes voulaient sans doute la discréditer et justifier surnoms de "prêtresse" et "sorcière" qu'ils luis avaient donnés.
Donc on peut dire que les informations historiques données par Ibn Khaldoun manquent de précision et laisse beaucoup de zones d'ombre, chose qui aide l'imagination individuelle et collective à créer des mythes et des représentations par fois négative au tour de ce personnage.
Notre histoire restera t-elle attachée à des fragments légendaires hérités de nos ancêtres, seront nous condamnés simplement à transmettre bêtement à notre tour cet héritage inaccompli à nos enfants?
1er colloque national (Aurès : histoire et culture) 1 et 2 juillet 2012 Khenchela)