Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 09:50
Melehfa
Melehfa
Melehfa

Collection de robes chaouies à la vente ou à la location, pour êrte la plus belle pour aller danser

Possibilité de création personnelle sue demande

Partager cet article
Repost0
22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 02:19

 

Partager cet article
Repost0
15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 07:01

fatihasaouli1.jpgLes Aurès et leur attachement ancestral à la célébration de Yennayer

Dans les villages reculés de l'aures , les populations, les femmes tout particulièrement, restent fermement attachées à la célébration de Yennayer, nouvel an amaziɣ, en signe de fidélité aux traditions héritées de leurs aïeux, depuis des temps immémoriaux. Dans tout les villages et bien d'autres localités, les auréssiennes replongent avec plaisir, en cette période de l'année, dans les pratiques reçues de leurs mères et grand-mères, comme le changement des trois pierres noires du kanoun (ingan) par trois nouvelles pierres lesquelles ne seront remplacées que l'année suivante. 
La préparation du traditionnel plat de "chekhchoukha" garni de viande ovine. Ce mets, succulent au demeurant, sera consommé exclusivement par les femmes, ce qui confère toute sa particularité à cette coutume chaouie. Certaines femmes préparent également, pour la circonstance, le plat de ''IRECHMEN confectionné à base de blé dur, bouilli d'abord dans de l'eau puis mélangé à du beurre de ferme et à du miel de montagne, au plus grand plaisir des papilles des amateurs de pâtisseries traditionnelle dont la qualité "bio" est avérée. Une autre pratique attachée au cérémonial du nouvel an berbère, dans les aures consiste à de nouveaux tapis et couvertures sont tissés pour la circonstance, tandis que l’intérieur de la demeure est badigeonné pour accueillir le nouvel an dans la gaieté et souhaiter qu’il soit de bon augure. Durant la nuit du nouvel an, les ménagères prennent aussi soin de préparer des plats copieux en quantités suffisantes pour tous les membres de la famille et même pour d'inattendus invités, en signe de "baraka" et pour que l'année que l'on s'apprête à accueillir soit une année gorgée de bonheur. Gare toutefois à la femme qui "ose" prêter un quelconque objet de ménage durant la fête de Yennayer, car ce serait-là le présage d’une année de disette et de pauvreté pour sa famille. L’esprit d’entraide est ancré dans chaque famille aurésienne, c’est-là une évidence, mais "pas touche à mes ustensiles" dans le sillage du nouvel an !. Une autre tradition encore très vivace dans la région des Aurès est la réunion des femmes de la famille chez l'une d'entre elles pour parer une petite fille de ses plus beaux atours, la couvrir de bijoux et l'emmener visiter les proches. 
Au premier matin de la nouvelle année, qui est chez nous le 14janvier les ménagères frottent des herbes vertes sur les bouches des outres avant de les remplir d'eau, en présage d'une saison agricole féconde. Une autre habitude veut que durant la même matinée on renverse une pierre en granit, que l’on appelle "tichekkafine", afin d'interpréter ce que l'on trouve en-dessous. Si c’est une colonie de fourmis, ce sera le signe d’une reproduction abondante du bétail, si "l’on tombe sur de plus gros insectes, c'est qu'on va devenir propriétaire d'un troupeau de bovins", si c'est un trou que cachait "tichekkafine" cela voudrait dire que l'on obtiendra une récolte si profuse qu'on aura à prévoir plusieurs "matmours" (système de stockage souterrain des céréales) pour la conserver. 
La dimension symbolique de Yennayer puise essentiellement ses sources du profond lien existant entre l'homme et la nature. La symbolique de Yennayer est un sujet “très vaste” du fait qu'elle était présente dans les sociétés primitives, affirmant que les rites de cette fête se croisent avec la dimension agricole au vue de “la sacralité” de la terre pour l'homme. Les populations des aures, en véritables gardiennes des traditions, continuent à perpétuer cette tradition ancestrale, même si parfois elles se limitent uniquement au repas partagé qui continue d’être respecté.
Des traditions pouvant paraître ingénues, qui font sans doute sourire aujourd’hui, mais qui disent toute la richesse et la diversité du patrimoine authentique de l’Algérie profonde..

Les Aurès et leur attachement ancestral à la célébration de Yennayer
Dans les villages reculés de l'aures , les populations, les femmes tout particulièrement, restent fermement attachées à la célébration de Yennayer, nouvel an amaziɣ, en signe de fidélité aux traditions héritées de leurs aïeux, depuis des temps immémoriaux. Dans tout les villages et bien d'autres localités, les auréssiennes replongent avec plaisir, en cette période de l'année, dans les pratiques reçues de leurs mères et grand-mères, comme le changement des trois pierres noires du kanoun (ingan) par trois nouvelles pierres lesquelles ne seront remplacées que l'année suivante. 
La préparation du traditionnel plat de "chekhchoukha" garni de viande ovine. Ce mets, succulent au demeurant, sera consommé exclusivement par les femmes, ce qui confère toute sa particularité à cette coutume chaouie. Certaines femmes préparent également, pour la circonstance, le plat de ''IRECHMEN confectionné à base de blé dur, bouilli d'abord dans de l'eau puis mélangé à du beurre de ferme et à du miel de montagne, au plus grand plaisir des papilles des amateurs de pâtisseries traditionnelle dont la qualité "bio" est avérée. Une autre pratique attachée au cérémonial du nouvel an berbère, dans les aures consiste à de nouveaux tapis et couvertures sont tissés pour la circonstance, tandis que l’intérieur de la demeure est badigeonné pour accueillir le nouvel an dans la gaieté et souhaiter qu’il soit de bon augure. Durant la nuit du nouvel an, les ménagères prennent aussi soin de préparer des plats copieux en quantités suffisantes pour tous les membres de la famille et même pour d'inattendus invités, en signe de "baraka" et pour que l'année que l'on s'apprête à accueillir soit une année gorgée de bonheur. Gare toutefois à la femme qui "ose" prêter un quelconque objet de ménage durant la fête de Yennayer, car ce serait-là le présage d’une année de disette et de pauvreté pour sa famille. L’esprit d’entraide est ancré dans chaque famille aurésienne, c’est-là une évidence, mais "pas touche à mes ustensiles" dans le sillage du nouvel an !. Une autre tradition encore très vivace dans la région des Aurès est la réunion des femmes de la famille chez l'une d'entre elles pour parer une petite fille de ses plus beaux atours, la couvrir de bijoux et l'emmener visiter les proches. 
Au premier matin de la nouvelle année, qui est chez nous le 14janvier les ménagères frottent des herbes vertes sur les bouches des outres avant de les remplir d'eau, en présage d'une saison agricole féconde. Une autre habitude veut que durant la même matinée on renverse une pierre en granit, que l’on appelle "tichekkafine", afin d'interpréter ce que l'on trouve en-dessous. Si c’est une colonie de fourmis, ce sera le signe d’une reproduction abondante du bétail, si "l’on tombe sur de plus gros insectes, c'est qu'on va devenir propriétaire d'un troupeau de bovins", si c'est un trou que cachait "tichekkafine" cela voudrait dire que l'on obtiendra une récolte si profuse qu'on aura à prévoir plusieurs "matmours" (système de stockage souterrain des céréales) pour la conserver. 
La dimension symbolique de Yennayer puise essentiellement ses sources du profond lien existant entre l'homme et la nature. La symbolique de Yennayer est un sujet “très vaste” du fait qu'elle était présente dans les sociétés primitives, affirmant que les rites de cette fête se croisent avec la dimension agricole au vue de “la sacralité” de la terre pour l'homme. Les populations des aures, en véritables gardiennes des traditions, continuent à perpétuer cette tradition ancestrale, même si parfois elles se limitent uniquement au repas partagé qui continue d’être respecté.
Des traditions pouvant paraître ingénues, qui font sans doute sourire aujourd’hui, mais qui disent toute la richesse et la diversité du patrimoine authentique de l’Algérie profonde..

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 07:12
imedghassen.jpg
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 07:48

imedghassen-prote.jpgimedrassen

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tombeau Numide d’Imedrassen, situé à Batna et datant du début du Moyen Âge, se trouve dans un état de dégradation indescriptible. Les agressions sont diverses. Outre les effets altérant du temps et ceux liés à la corrosion par les éléments climatiques (le vent, les tempêtes, la neige, la pluie), il y a eu également la main « sauvage » de l’homme, ce pillard des sépultures anciennes en quête de trésors enfouis. Mais ce qui désole le plus, ce sont les interventions commandées dites techniques et scientifiques et chèrement rémunérée, confiées officiellement à des entreprises sensées ête référencées et spécialisées dans la réfection des sites historiques. C’est ainsi que les travaux ont été confiés, dans une premier temps, à une entreprise italienne qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de ravaler des pans entiers du tombeau en projetant du béton, le défigurant totalement.
Après ce premier et lamentable échec, les travaux ont été confiés à nouveau à un organisme algérien plutôt spécialisé dans la restauration et l’entretien des casbahs, vestiges relativement récents et datant de l’époque coloniale turque. Après quelques interventions non concluantes infligées au tombeau, l’organisme a dû se retirer car non professionnel dans la restauration des sites historiques allant de la préhistoire au Moyen âge qui naturellement nécessite et exige la maîtrise des techniques et connaissances adéquates avec la science architecturale de l’époque.

tombeau Numide

Cet aventurisme hasardeux, aggravé par une inconstance déconcertante révèle toute l’indifférence et la légèreté avec lesquelles sont traitées les riches oeuvres historiques et culturelles de notre pays. Les tutelles, les autorités locales en charge de la mission de restauration, de préservation et d’entretien des sites historiques et préhistoriques semblent nettement désintéressés de cette responsabilité et lui préfèrent de s’engager plutôt sur de gigantesques et budgétivores chantiers folkloriques, au sens aléatoire du terme, pendant qu’aucun chantier culturel ne retient leur attention de devoir.
menacesurmadghacen1.jpg
En attendant « Godot », le tombeau d’Imedrassen continue de s’écrouler lentement au vu et au su de tous emportant à jamais une riche page de notre histoire.
Par Abdelnnour Abdesselam
Liberté 30.11.2009

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 06:24

Le tombeau d’Imedrassen, situé à Batna et datant du début du Moyen Âge, se trouve dans un état de dégradation indescriptible. Les agressions sont diverses. Outre les effets altérant du temps et ceux liés à la corrosion par les éléments climatiques (le vent, les tempêtes, la neige, la pluie), il y a eu également la main « sauvage » de l’homme, ce pillard des sépultures anciennes en quête de trésors enfouis. Mais ce qui désole le plus, ce sont les interventions commandées dites techniques et scientifiques et chèrement rémunérée, confiées officiellement à des entreprises sensées ête référencées et spécialisées dans la réfection des sites historiques. C’est ainsi que les travaux ont été confiés, dans une premier temps, à une entreprise italienne qui n’a rien trouvé de mieux à faire que de ravaler des pans entiers du tombeau en projetant du béton, le défigurant totalement.
Après ce premier et lamentable échec, les travaux ont été confiés à nouveau à un organisme algérien plutôt spécialisé dans la restauration et l’entretien des casbahs, vestiges relativement récents et datant de l’époque coloniale turque. Après quelques interventions non concluantes infligées au tombeau, l’organisme a dû se retirer car non professionnel dans la restauration des sites historiques allant de la préhistoire au Moyen âge qui naturellement nécessite et exige la maîtrise des techniques et connaissances adéquates avec la science architecturale de l’époque.

menacesurmadghacen1.jpg

Cet aventurisme hasardeux, aggravé par une inconstance déconcertante révèle toute l’indifférence et la légèreté avec lesquelles sont traitées les riches oeuvres historiques et culturelles de notre pays. Les tutelles, les autorités locales en charge de la mission de restauration, de préservation et d’entretien des sites historiques et préhistoriques semblent nettement désintéressés de cette responsabilité et lui préfèrent de s’engager plutôt sur de gigantesques et budgétivores chantiers folkloriques, au sens aléatoire du terme, pendant qu’aucun chantier culturel ne retient leur attention de devoir.

6cS.jpguDJ.jpg

Cet aventurisme hasardeux, aggravé par une inconstance déconcertante révèle toute l’indifférence et la légèreté avec lesquelles sont traitées les riches oeuvres historiques et culturelles de notre pays. Les tutelles, les autorités locales en charge de la mission de restauration, de préservation et d’entretien des sites historiques et préhistoriques semblent nettement désintéressés de cette responsabilité et lui préfèrent de s’engager plutôt sur de gigantesques et budgétivores chantiers folkloriques, au sens aléatoire du terme, pendant qu’aucun chantier culturel ne retient leur attention de devoir.

imedrassen

En attendant « Godot », le tombeau d’Imedrassen continue de s’écrouler lentement au vu et au su de tous emportant à jamais une riche page de notre histoire.

Par Abdelnnour Abdesselam

Liberté 30.11.2009



Partager cet article
Repost0
8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 20:40
Je voudrais attirer votre attention sur un sujet qui me tient à coeur.

Si vous aussi vous y êtes  sensible je vous encourage à aller signer la pétition et à faire suivre cet Email à  vos contacts.
 
Adresse de la pétition :
http://www.lapetition.be/petition.php?petid=3634
Partager cet article
Repost0
1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 07:13

Fleuron du patrimoine national et universel par Mohand Akli Ikherbane (*)

 

Cette cité antique qui n'a pas volé son nom (1), ce fleuron du patrimoine national et universel, il faut beaucoup de temps pour y parvenir ; mais une fois au milieu de ses pierres et de son silence, on oublie vite la fatigue devant tant de beauté, devant ces espaces de haute culture antique invitant à la convivialité et au ressourcement.

Djemila a résisté à tous les avatars en traversant l'histoire sans trop de déchirures : la beauté a su y garder son charme sans se voiler, paradoxe et mystère de cette ville enchanteresse où la vie ignore la mort, tout comme la paix nargue la guerre.

Djemila est toujours là sur son éperon rocheux, avec une distribution de volumes architecturaux où le cœur a eu raison de la rudesse et de la monotonie du style romain (quadrillage en échiquier) caractérisant les autres villes, avec " sa mer " sur ses mosaïques, ses dieux sur les stèles, l'odeur de l'encens sur les autels. Ici, le mot déchéance n'a pas droit de cité, sauf peut-être pour ceux qui n'ont rien compris aux miracles des civilisations.
Incrustée dans un site d'une beauté insoupçonnée, l'antique Cuicul apparaît subitement aux visiteurs soulagés de l'avoir enfin atteinte, après un long chemin en lacets attisant la curiosité. Enveloppée d'une douceur sans apparat, elle s'avère pourtant d'un attrait irrésistible au milieu des collines qui l'auréolent de leur charme.
Bâtie sur un sol accidenté, Djemila est l'une des plus importantes cités romaine dès la fin du IIème siècle après JC, sous le règne de l'Empereur Nerva (96-98). A l'instar des autres colonies africaines révélées à la postérité par des fouilles de l'époque coloniale (1910-1957), Cuicul se caractérise par une relative cohésion chronologique et monumentale aussi révélatrice que variée, du moins après les nombreuses restaurations, ainsi que par un faste ostentatoire, décelable sur les mosaïques et les textes épigraphiques.


La colonie de Cuicul, sentinelle romaine au cœur d'un massif montagneux, entre Sétif et Constantine, est construite autour d'un forum entouré d'édifices publics tels que la curie municipale (assemblée des décurions), le capitole (temple réservé à la triade capitoline : Jupiter, Junon et Minerve), la basilique judiciaire pour la justice et les transactions boursières et le marché des frères Cosinius avec ses dix-huit boutiques. Aux logis modestes, qui durent être au début ceux des vétérans, succèdent des demeures beaucoup plus spacieuses et confortables avec toutes les commodités (fontaines, salles de réception, bains, latrines privées, etc...), ornées de merveilleux pavements en mosaïque historiée ou purement ornementale, desquelles furent inspirés les noms de ces demeures. De part et d'autre de ces maisons dites du quartier central (maison d'Europe, maison d'Amphitrite, maison de " l'âne vainqueur ", maison de Castorius, etc...) édifiées sur les deux rives du grand axe routier à portiques, sont bâtis d'autres locaux, essentiellement artisanaux, dont un grenier à blé, tous inclus dans un périmètre délimité par une enceinte polygonale. Bien évidemment, ces différentes constructions ont subi des remaniements divers au fil des temps sur le plan architectonique aussi bien qu'ornemental.

 

Le règne des Antonins (96-192) et celui des Sévères (192-235) furent, pour Djemila, les plus heureux de l'Antiquité. C'est durant ces règnes que Cuicul s'enrichit et se développa, ainsi que l'attestent les édifices évoqués. Tels que nous les voyons aujourd'hui, partiellement et souvent arbitrairement restaurés, ils dateraient, au moins en partie, de la seconde moitié du IIème siècle et auraient subi des remaniements importants à l'époque chrétienne. C'est donc dès cette période (fin du IIème, début du IIIème siècle) que l'espace manqua à l'intérieur du périmètre initial qui fut rapidement débordé.
Les habitants de Cuicul, dont le nombre devait être considérable, s'offraient le luxe d'un théâtre pouvant contenir jusqu'à 3.000 places, construit vers 160. Vingt- cinq ans après, sous le règne de Commode, un bel établissement de thermes d'environ 2.600 m2 était édifié à environ 200 m de la porte-sud, sur le prolongement du grand Cardo (2), tout comme une belle et complexe demeure comportant une grande salle à abside dite " maison de Bacchus " du nom de la plus ancienne mosaïque retrouvée à Djemila, représentant la légende de Dionysos, dieu du vin, de la vigne et du délire mystique. Ainsi, tout un faubourg méridional s'édifia peu à peu, repoussant le centre d'activité urbaine vers le sud.


Cette extension continue eut pour conséquence, dans le premier tiers du IIIème siècle, l'aménagement d'une grande esplanade publique de 3.200 m2 (dite à tort forum novum), dallée comme le vieux forum. Cette vaste place est mise en valeur par deux grands monuments datant l'ensemble : le premier est l'arc de Caracalla construit en 216, ainsi que l'atteste l'inscription honorifique sur le haut de l'entablement, et qui a failli être transporté vers Paris en 1840 par le Duc d'Orléans, commandant du corps expéditionnaire français. Le deuxième monument qui attire l'attention et qui donne un aspect particulier à toute la ville est le temple de la Gens Septimia, édifié en 229 sous les ordres d'Alexandre Sévère, divinisant l'Empereur Septime Sévère et sa femme Julia Domna. Une fontaine monumentale, un marché aux étoffes, un petit temple remanié et une autre basilique judiciaire du IVème siècle, édifiée sur les décombres du temple de Saturne, ainsi qu'une maison achèvent d'encadrer la place bordée de portiques et d'arcades.



La période chrétienne a laissé des monuments d'un intérêt capital. L'officialisation du culte à partir de 313 a donné naissance à un autre essor architectural que même l'austérité chrétienne n'a pu atténuer. Ainsi en est-il de deux églises à cryptes, toute pavées de mosaïques, d'une partie de la chapelle d'initiation au baptême, d'un vaste ensemble de locaux qui ont dû servir au logement du clergé et peut-être même aux dévots qui venaient en pèlerinage et enfin, d'un baptistère complètement restauré en 1922.

Cuicul traversa donc le IVème et le Vème siècle, vraisemblablement sans trop ressentir la dureté générale des temps caractérisant le Bas-Empire avec son lot de persécutions. Le schisme donatiste avait sans doute ses adeptes, puisque bien que foncièrement africain et religieux, il avait pour leitmotiv un programme de révolution sociale refusant toute immixtion de l'Empereur dans les affaires de l'Eglise. Cuicul donatiste ? Il n'y a rien de saillant pour l'affirmer. Mais cette cité de la Numidie n'a sans doute pas échappé aux persécutions, tantôt anti-païennes dues au zèle iconoclaste des chrétiens, tantôt aux attaques de l'Eglise officielle dont saint Augustin fut un des représentants les plus en vue.


 

Dans ce contexte, l'inscription sur la mosaïque trouvée dans le chœur de la basilique du Vème siècle, à la mémoire de son fondateur Cresconius, évoque les justes des générations précédentes, autrement dit les martyrs. Les fouilles effectuées dans la basilique cimetériale à crypte et à abside, dans le quartier ouest de l'ancienne ville, révèlent des sépultures à l'intérieur même de l'édifice. Elles évoquent, sous réserve, l'appartenance de cette église à la secte dissidente des Donatistes, de connivence avec les Berbères des montagnes qui brûlèrent toute la ville, hormis le quartier ouest.

Fortement touchée par le séisme de 419 et la peste qui s'ensuivit, la ville fondée à la fin du premier siècle a disparu vers le VIème dans des conditions très floues. Elle semble avoir été systématiquement pillée puis détruite. Des documents épigraphiques attestent que jusqu'à la décadence de l'Empire d'Occident, en 476, Cuicul était resté sous l'autorité de Rome. L'élan dévastateur des Vandales, à compter de 429, semble l'avoir épargnée car d'une part, les nombreuses mosaïques datant pour la plupart de cette époque dénotent plutôt un regain d'activité à l'abri des troubles, d'autre part, à leur arrivée, la ville appartenait déjà à l'Empire byzantin installé depuis 533. Elle échappa donc et aux Vandales et aux royaumes berbères qui contrôlaient le reste de l'Afrique du Nord.

 


Les archives ecclésiastiques attestent qu'au concile de Constantinople, convoqué par l'Empereur Justinien en 533, un évêque du nom de Cresconius représenta la communauté catholique de Cuicul, mais on ignore le nom de son antagoniste donatiste.
Après cette date, nous n'avons rien d'arrêté sur le plan archéologique pour prouver la continuité ou la permanence humaine sur le site, hormis peut-être quelques mosaïques de la maison de Bacchus, échappant à toute datation classique, des lampes locales semblables à celles retrouvées à la Kalaâ des Béni Hammad et la présence d'un marabout implanté à l'emplacement du forum antique avant les fouilles de 1910. Tout autour s'étendait une nécropole et de modestes habitations. Une tradition d'habitat s'était-elle maintenue pendant assez longtemps après le 6ème siècle ?
A l'évidence, le site de Djemila peut encore révéler des richesses inattendues, pour peu qu'on l'interroge avec une nouvelle problématique.

Partager cet article
Repost0
1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 06:48
TIMGAD
Carnet de route


Carnet de route par Abdelkrim Djilali journaliste
Ali Guerbabi est le chef de la circonscription archéologique de Batna, archéologue,
Timgad, c'est sa passion et son chemin de croix, l'enjeu de batailles homériques
contre la bêtise et l'ignorance et le mépris des lois qui sont sensées protéger le patrimoine archéologique.
Si ce n'était son infatigable entêtement, il y a bien longtemps
que tout aurait été décimé.
Les convoitises sont encore là, aux aguets.
Pourtant Timgad est classée "Patrimoine Mondial de l'Humanité".


"Elle a exactement 19 siècles et un an", précise M. Guerbabi qui nous guide dans une
visite émouvante, pathétique pour tout dire.
Visite du musée, fermé ces dernières années en raison des pillages que la situation sécuritaire à facilité.
A ses détracteurs M. Guerbabi répond, " je suis là pour conserver et non pour dilapider".
Il a vraiment de la peine quand il nous montre les murs gonflés par les infiltrations d'eau.
Peine partagée pour les spectaculaires mosaïques travaillées, elles aussi, par l'usure.
Des oeuvres d'exception, taillées tesselle par tesselle, par des artistes mosaïstes numides qui,
au coeur de l'art romain, ont produit leurs propres thèmes.
Des pièces uniques, délicates, exubérantes aux motifs géométriques harmonieux.
Parmi les plus célèbres, Neptune conduisant son char, Venus chevauchant un centaure marin,
Diane surprise au bain par Actéon.

 

Urgence signalée de les restaurer! Sinon, le musée regorge d'autres pièces de valeur,
sculptures, bas-reliefs, stèles, céramiques, poteries, bronzes, monnaies, fibules, verreries.
M. Guerbabi tremble un peu, ému quand il parle de ses ruines.
Le vent se lève, il se dissimule derrière une colonne pour rallumer sa pipe, avale sa salive et sa
rage mais poursuit la visite.
Nous entrons dans Thamugadi, comme on entre dans un lieu sacré.
Une curieuse impression vous assaille, presque l'envie d'enlever ses chaussures et de marcher pieds
nus sur ces rues dallées.

Une ville entière au quadrillage régulier, "d'une rigueur exceptionnelle" s'ouvre devant vous,
intacte ou presque, on la dirait coupée à ras, une cité africaine sans ses toits, une ville à part
entière avec une séquence en moins.
Le ciel est nu sur le Cardo et le decumanus, sur le théâtre creusé dans la colline, sur l'imposant Arc
de Trajan, les thermes du sud et cette fameuse bibliothèque richement décorée,
la nécropole, le forum, le capitole et de nombreuses églises qui attestent que
Timgad à été un important centre chrétien au troisième siècle. Fondée en l'an 100
après J-C sous le règne de l'Empereur Trajan, Timgad est d'une étonnante richesse
culturelle, exception culturelle, si l'on peut dire, puisque dans le corps même de
l'art romain, les artistes numides vont irriguer de leur sève et de leur étonnante vitalité des thèmes et des formes uniques, inédites dans le monde romain. Construite face au désert et contre le désert, Timgad est un rêve entêté ou plutôt un mirage dont on ne sait jamais si on y entre ou on sort. Timgad est, à l'origine du trouble, exactement entre deux mondes.

Partager cet article
Repost0
1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 06:35
Le paysage de la vallée du M'Zab, créé au Xe siècle par les Ibadites autour de leurs cinq ksour, ou villages fortifiés, semble être resté intact. Simple, fonctionnelle et parfaitement adaptée à l'environnement, l'architecture du M'Zab a été conçue pour la vie en communauté, tout en respectant les structures familiales. C'est une source d'inspiration pour les urbanistes d'aujourd'hui.
Partager cet article
Repost0

Présentation D'a.k.t

  • : Association Auressienne Kahina Tamazight
  • : Association pour la promotion de la culture tachawit et la sauvegarde du patrimoine auressien, solidarité avec le peuple
  • Contact

Profil

  • Dyhia
  • Présidente de l'association Auressienne Kahina Tamazight, pour la promotion de la culture berbère chawie en france et dans les aurès
  • Présidente de l'association Auressienne Kahina Tamazight, pour la promotion de la culture berbère chawie en france et dans les aurès

Texte Libre

Recherche